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            et

    la métacognition

 

La métacognition, c'est ... 

... une compétence à se poser des questions pour planifier ses interventions, s'évaluer constamment avant, pendant et après une tâche et se réajuster au besoin.

Par métacognition, il faut entendre, d'une part, la connaissance que l'élève a de son propre fonctionnement intellectuel, et, d'autre part, la capacité à gérer de manière autonome les différentes fonctions métacognitives nécessaire pour résoudre des problèmes, telle la planification, la prévision, la hiérarchisation de l'information, le contrôle de ses stratégies de résolution de problème, etc. De nombreuses recherches ont démontré que la réussite scolaire va de pair avec des compétences métacognitives élevées.

En interagissant avec ses élèves, l'enseignant joue un rôle fondamental dans le développement de leur compétences métacognitives et l'enrichissement de leurs stratégies d'apprentissage. Mais, pour ce faire, l'enseignant doit non seulement avoir pu développer de manière optimale ses propres compétences métacognitives mais également ses capacités d'intervention métacognitive auprès des élèves. 


Pourquoi la métacognition ?

- Parce qu'elle est la stratégie la plus efficace pour favoriser le transfert des       contenus du savoir de l'enseignant vers l'apprenant.
- Parce que la métacognition établit la différence entre les élèves efficaces et ceux qui éprouvent des difficultés.
- Parce qu'elle est une compétence utile et nécessaire dans toute tâche scolaire.
- Parce qu'elle permet à chacun de continuer à apprendre et lui fournit des moyens pour le faire...

Quelques exemples d'interventions métacognitives:

1. Avant l'apprentissage, pour développer des compétences métacognitives, l'élève devrait :

- essayer d'évaluer le degré de certitude des connaissances qu'il croit avoir;
- essayer d'anticiper les difficultés qu'il pourrait rencontrer;
- évaluer son attitude vis-à-vis cette nouvelle matière;
- identifier et évaluer les habiletés qu'il a pour ce nouvel apprentissage;
- se donner un objectif personnel d'apprentissage en le choisissant lui-même et en le  
  justifiant;

2. Pendant l'apprentissage, pour développer des compétences métacognitives, l'élève devrait :

- comparer ses réponses ou ses textes avec ceux d'autres personnes;
- compléter les réponses données ou les textes rédigés par d'autres personnes;
- trouver les erreurs dans les documents produits par d'autres personnes;
- rédiger des problèmes ou des questions à partir de réponses;
- résoudre un problème ou rédiger un texte à relais;
- comparer des énoncés de problèmes ou des questions;
- expliquer la réponse d'une autre personne;
- résumer en une phrase ou deux ce qu'il vient d'apprendre;
- anticiper la note qu'il aurait s'il devait passer un examen sur cette matière;
- écrire le mot qui lui semble le plus important jusqu'à présent;
- échanger sur la solution d'un problème avec ses coéquipiers;
- expliquer, justifier une démarche, une réponse;
- donner des exemples;

3. Après l'apprentissage, pour développer des compétences métacognitives, l'élève devrait :

- s'autoévaluer (ce qu'il a appris; ce qu'il a trouvé difficile;ce qu'il pense devoir réviser davantage; ce qu'il a bien compris; ce qu'il a trouvé utile et nécessaire; ce qu'il a ressenti...);
- faire le bilan de ses apprentissages par des questions proposées par l'enseignant ou les 
  élèves;
- faire le bilan de sa démarche par des questions proposées par l'enseignant;
- comparer les connaissances antérieures avec les nouvelles connaissances acquises;
- remplir un journal de réflexion qui pourrait être complété après différents 
   apprentissages;

Les caractéristiques d'une question métacognitive

Une question favorisera un comportement métacognitif chez les élèves si ...

Elle insiste sur la justification :
- Pourquoi as-tu procédé ainsi ?
- Pourquoi penses-tu avoir réussi ?

Elle provoque les prises de conscience :
- Qu'est-ce qui est nouveau pour toi ?
- Qu'est-ce que tu as modifié ?
- Qu'est-ce que tu as appris ?

Elle amène l'élève à se comparer :
- Qu'est-ce qu'il y a de différent entre les 2 versions de ce texte ?
- Entre les deux démarches, laquelle préfères-tu et pourquoi ?

Elle amène l'élève à juger, à s'auto-évaluer :
- Quel est ton degré de certitude ?
- Jusqu'à quel point es-tu satisfait ?

Elle amène l'élève à verbaliser sa réflexion :
- Qu'en penses-tu ?
- Quelle difficulté as-tu rencontrée et qu'as-tu fait ?

Elle permet d'effectuer des liens entre l'avant et l'après :
- Qu'as-tu appris dans cette activité ?
- Qu'est-ce que tu savais déjà ?

Elle permet de transférer :
- Qu'est-ce que tu réutiliseras dans une tâche semblable ?

Elle permet la régulation :
- Qu'est-ce que tu modifieras et pourquoi ?

Elle permet l'analyse des stratégies utilisées :
- Quelle est l'utilité des stratégies utilisées ?
- Quelle autres stratégies auraient pu être utiles ?  

Le point de vue de Philippe Meirieu: 

"Les pratiques métacognitives consistent à poser ces questions à chaque élève et à l’aider à les résoudre. La métacognition est un point très important de l’action pédagogique pour ses effets à la fois sur l’enseignant et sur l’élève.

Si l’enseignant prend du temps dans sa classe pour poser ces questions avec ses élèves, il fait lui-même des découvertes : par exemple que chaque élève à des procédures de travail différentes. La métacognition, c’est une interrogation avec les élèves sur leurs méthodes de travail.

Elle amène l’enseignant à différencier sa pédagogie. De son côté, l’élève découvre son propre fonctionnement intellectuel et cela l’amène à plus d’autonomie.

Pédagogie différenciée et autonomie, c’est une meilleure chance d’adéquation entre les logiques d’enseignement et les logiques d’apprentissage, c’est une meilleure chance d’adéquation entre ce qui est enseigné et ce qui est appris. Pour nous, actuellement, c’est un des moyens privilégiés pour travailler sur l’erreur : il faut prendre du temps pour les pratiques métacognitives, prendre du temps pour réfléchir avec les élèves sur ces questions, du temps qui est vraiment un temps gagné dans la mesure où il a des effets sur les bouts de la chaîne, l’enseignant et les élèves.

Ainsi, progressivement, sans révolution extraordinaire, on parvient à une évolution, à un progrès des pratiques pédagogiques. Les pratiques métacognitives ne sont pas une de ces grandes réformes du système éducatif que nous connaissons périodiquement, mais elles constituent un progrès extrêmement sensible, qui fait évoluer de façon très significative le traitement de l’échec et des difficultés." (Ph. Meirieu)

Télécharger les propos du professeur Meirieu au format pdf >>

Trois citations autour de la métacognition:

« Le peu que je sais, c'est à mon ignorance que je le dois. » (Sacha Guitry) 

« Veux-tu que je t'enseigne le moyen d'arriver à la connaissance ? Ce qu'on sait, savoir qu'on le sait ; ce qu'on ne sait pas, savoir qu'on ne le sait pas : c'est savoir véritablement. » (Confucius)

«L'esprit humain est comme un parapluie: il marche mieux lorsqu'il est ouvert..» 
                                                                                          (Darry Cowl)

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